La DeuxiĂšme Guerre Mondiale

DĂšs sa prise de pouvoir, Hitler montre sa volontĂ© d’exclure les Juifs de la nation allemande : Boycottage contre les commerçants Juifs, leur exclusion des postes de fonctionnaires, de mĂ©decins, avocats
.

Puis en 1935, sont promulguées les lois raciales de Nuremberg.

Pour les Juifs, partir d’Allemagne est trĂšs difficile car, d’une part il leur est interdit d’exporter des biens et capitaux Ă  l’extĂ©rieur de l’Allemagne et d’autre part l’immigration est limitĂ©e dans les autres pays.

En octobre, il devient obligatoire de faire apposer un tampon spĂ©cial Juif sur leur carte d’identitĂ©, signe humiliant et annonciateur de nouvelles discriminations.

Le tampon Juif sur la carte d’identitĂ© est obligatoire

En 1938, Hitler entre et annexe l’Autriche. 

En novembre 1938,  un pogrom Ă©clate  dans toute l’Allemagne : la  Â»Nuit de Cristal« : la plupart des synagogues d’Allemagne sont incendiĂ©es, les maisons des Juifs saccagĂ©es, des violences en tout genre dont 36 personnes assassinĂ©es, des dizaines de Juifs arrĂȘtĂ©s et envoyĂ©s en camp de concentration aprĂšs avoir Ă©tĂ© battus et torturĂ©s. Toutes les violences sont permises, assassinats, tortures, viols, pillages.

Le 1er septembre 1939, Hitler conquiert la Pologne en 4 semaines. La deuxiĂšme guerre mondiale Ă©clate. Les discriminations et l’expulsion des Juifs continuent.

L’avancĂ©e d’Hitler est fulgurante. En 1940, il entre en Europe de l’Ouest. En avril, il envahit le Danemark et la NorvĂšge, en mai il attaque les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg et la France. Des milliers de personnes sont sans abri et l’exode commence. Les Allemands entrent en France.

Pendant cette triste pĂ©riode, Hitler applique des lois de plus en plus sĂ©vĂšres envers les Juifs mais il le fait progressivement. Il se passe environ 6 mois d’une dĂ©cision Ă  une autre. Les diffĂ©rentes Ă©tapes de la persĂ©cution commencent par l’humiliation, l’identification, le licenciement de leur travail, et continuent avec le port de l’étoile jaune, la confiscation des biens, la crĂ©ation de ghettos en Europe de l’est, puis la dĂ©portation, les camps de concentration et d’extermination.

Beaucoup de Juifs essayent de s’enfuir. Mais leur dĂ©sespoir est grand lorsqu’ils dĂ©couvrent que les portes des diffĂ©rents pays sont fermĂ©es y compris celles des États-Unis.  En Palestine, le Livre Blanc continue Ă  limiter le nombre de visas dĂ©livrĂ©s.

Ben Gourion proclame : « Il faut se battre avec les Anglais contre Hitler comme si le Livre Blanc n’existait pas et il faut se battre contre le Livre Blanc comme si la guerre n’existait pas Â».

Plusieurs bateaux, avec des rĂ©fugiĂ©s fuyant l’Europe, essaient d’arriver en Palestine mais les Anglais ont dĂ©cidĂ© de ne pas changer leur politique d’immigration, le Livre Blanc de 1939 limite toujours l’immigration. Des bateaux errent pendant plusieurs semaines et mĂȘme plusieurs mois pour essayer de dĂ©barquer en Palestine ou sinon dans un autre pays mais la plupart des pays ont fermĂ© leurs portes ; c’est le cas du Struma, avec ses 768 passagers d’origine roumaine, le 24 fĂ©vrier 1942 qui reste prĂšs de 10 semaines en face d’Istanbul en attendant une rĂ©ponse favorable des Turcs ; cette rĂ©ponse ne venant pas, le bateau est obligĂ© de reprendre la mer et sombre, certainement torpillĂ© par erreur par un sous-marin soviĂ©tique, entraĂźnant la mort de tous ses passagers sauf 1 seul survivant.

Le Struma

Les Juifs sont persĂ©cutĂ©s dans toute l’Europe : Ă  l’Est, des fusillades massives par les Einsatzgruppen, et enfermĂ©s dans des ghettos sans nourriture, mĂ©dicament, hygiĂšne Ă©lĂ©mentaire, et dĂ©portĂ©s de toute l’Europe dans des camps de concentration et forcĂ©s de travailler dans des conditions Ă©pouvantables, ou gazĂ©s dans les camps d’extermination .


« Celui qui Ă©tait Ă  Auschwitz n’en sortira jamais, celui qui n’était pas Ă  Auschwitz ne pourra jamais y entrer vraiment «  dira  Ka Tzetnik – Yehiel Dinur (qui signifie en aramĂ©en qui vient du feu) au procĂšs de Eichmann .  Lorsqu’un soldat de l’armĂ©e rouge lui a demandĂ© son nom, il lui a rĂ©pondu : mon nom a Ă©tĂ© brulĂ© avec tous les autres dans les fours crĂ©matoires d’Auschwitz).
Avec la capitulation de la France et l’installation du gouvernement de Vichy, l’Angleterre se retrouve seule contre les Nazis.
La situation au Moyen Orient est difficile : Au nord de la Palestine, le Liban et la Syrie qui étaient sous tutelle française sont sous contrÎle Nazi.
La prĂ©sence allemande en Syrie est une menace pour les Anglais qui dĂ©cident d’attaquer le Liban et la Syrie par les airs mais aussi par la terre depuis la Palestine. Au sud aussi, la Libye sous contrĂŽle italien est une menace. Des avions partent de Libye pour bombarder IsraĂ«l en particulier HaĂŻfa et surtout les raffineries de pĂ©trole. De violents combats se dĂ©roulent. En juillet 41, les Britanniques ont de nouveau le contrĂŽle sur le Moyen Orient.
 IsraĂ«l devient une base d’entraĂźnement pour l’armĂ©e Anglaise, les Juifs veulent, eux aussi participer Ă  l’effort de guerre, ils vont se mobiliser et se porter volontaires en masse dans les unitĂ©s Britanniques. Le 3 septembre 39, l’exĂ©cutif Sioniste de JĂ©rusalem appelle tous les jeunes Ă  s’enrĂŽler dans des unitĂ©s juives et Ă  combattre Hitler. Ils sont 130.000 Ă  se prĂ©senter, hommes et femmes rĂ©pondant Ă  l’appel pour s’enrĂŽler. Les Anglais essayent d’équilibrer la Brigade Palestinienne en recrutant aussi des Arabes mais le nombre de volontaires arabes est trĂšs faible car ils ne sont pas intĂ©ressĂ©s Ă  se battre contre Hitler. Devant la menace allemande sur l’Egypte et la Palestine, les Anglais acceptent finalement d’enrĂŽler ces volontaires et les Anglais collaborent avec la Haganah (l’armĂ©e de dĂ©fense juive) pour repousser les Allemands. En septembre 1944, aprĂšs de longues nĂ©gociations, la Brigade Juive est intĂ©grĂ©e aux forces Britanniques. C’est la Brigade Juive Palestinienne.

De jeunes Juifs de Palestine se portent volontaires pour ĂȘtre parachutĂ©s dans les pays d’Europe occupĂ©s par les Nazis et y Ă©tablir un contact avec les communautĂ©s juives locales afin d’essayer de les secourir. Ils sont envoyĂ©s mais sont trĂšs vite dĂ©couverts par les Allemands et exĂ©cutĂ©s. Cependant, ils ont pu prendre des contacts importants. Parmi ces parachutistes, se trouve Hanna Sennech, jeune fille de 23 ans, nouvelle immigrante de Hongrie, qui essaye de repasser dans son pays natal pour aider la communautĂ© juive locale. Dans son kibboutz de Sdot Yam prĂšs de CĂ©sarĂ©e, en novembre 42, elle a composĂ© un chant. Ce chant trĂšs simple immortalisant un moment de bonheur et donnant un espoir universel est devenu l’un des symboles de la Shoah, (vous pouvez l’entendre sur YouTube en cliquant ici ). Hanna sera attrapĂ©e par les Allemands, torturĂ©e et mourra Ă  Budapest.


ŚŚœŚ™, ŚŚœŚ™
Ś©ŚœŚ Ś™Ś’ŚžŚš ŚœŚąŚ•ŚœŚ
Ś”Ś—Ś•Śœ Ś•Ś”Ś™Ś,
ŚšŚ©ŚšŚ•Ś© Ś©Śœ Ś”ŚžŚ™Ś,
Ś‘ŚšŚ§ Ś”Ś©ŚžŚ™Ś™Ś,
ŚȘŚ€Ś™ŚœŚȘ Ś”ŚŚ“Ś.

Eli, Eli (Mon Dieu)
Que ne se termine jamais
Le Sable et la mer
Le bruissement de l’eau,
La foudre du ciel,
La priùre de l’homme.

La fin de la 2Ăšme Guerre Mondiale

A la fin de la guerre, le nombre considérable de 6 millions de Juifs victimes du nazisme est sans commune mesure avec celle des autres victimes de la guerre.

En 1939, avant la guerre, vivaient dans le monde 16 millions de Juifs dont 9 millions et demi en Europe. Plus d’un tiers du peuple Juif et deux tiers du JudaĂŻsme EuropĂ©en a Ă©tĂ© donc exterminĂ©. Pour pouvoir s’imaginer ce que ce nombre reprĂ©sente, prenons des exemples rĂ©els :

Si on prononçait le nom, le prĂ©nom, l’ñge et le lieu de naissance de chacune des victimes en prenant une minute par personne pour 6 millions de personnes il nous faudrait 11 ans !!!

(6 millions de mn = 100 000 heures = 4167 jours = 11 ans)

Si on demandait Ă  6 millions de personnes de se donner la main et de faire une chaĂźne immense, main dans la main, on pourrait avec cette chaĂźne partir de JĂ©rusalem, aller en Allemagne et en revenir.

Le combat contre les Anglais

En 1946, Ă  Kielce en Pologne, environ 200 Juifs, rescapĂ©s des camps de concentration nazis, retournent en Pologne. Un pogrom Ă©clate et 41 Juifs sont tuĂ©s.
La brutalitĂ© du pogrom met fin Ă  l’espoir de beaucoup de Juifs d’arriver Ă  se rĂ©installer en Pologne aprĂšs la fin de l’occupation nazie.

L’enterrement des victimes du pogrome de Kielce en 1946

AprĂšs la guerre, 250.000 Juifs errent en Europe, sont des personnes dĂ©placĂ©es cherchant un lieu pour s’installer. Les frontiĂšres de Palestine sont toujours closes.
À partir de 1946, des bateaux avec des cargaisons d’immigrants qui veulent venir vivre en Palestine essayent de forcer le blocus mais les Anglais ne lùvent toujours pas les restrictions d’immigration.
MĂȘme aprĂšs la deuxiĂšme guerre mondiale, les Britanniques continuent Ă  empĂȘcher les survivants de rejoindre la Palestine provoquant l’indignation dans l’opinion publique mondiale, qui commence Ă  ĂȘtre alertĂ©e sur le drame des rescapĂ©s des camps nazis. Les rĂ©fugiĂ©s qui tentent de forcer le blocus sont de nouveau parquĂ©s dans des camps Ă  Chypre ou Atlit ou renvoyes dans leur pays d’origine.
Sur certains bateaux les immigrants entament une grĂšve de la faim.
Un de ces bateaux cĂ©lĂšbres est l’Exodus :  parti de SĂšte avec Ă  son bord 4500 passagers, il est interceptĂ© au large de HaĂŻfa, un combat se dĂ©roule sur le pont du navire les Anglais dĂ©cident de ne pas laisser ces immigrants entrer en Palestine ni d’aller Ă  Chypre mais de les ramener Ă  leur port d’origine en France.Il repart donc pour l’Europe. Devant le refus des passagers de dĂ©barquer en France, les Anglais amĂšnent le bateau en Allemagne oĂč on les dĂ©barque de force. Devant une politique aussi inhumaine, les Juifs de Palestine et du monde entier sont atterrĂ©s et crient au scandale.

La Haganah, le Etsel et le groupe Stern vont s’unir pour combattre les Anglais ensemble. Ils vont rester unis pendant 9 mois et causer des dommages importants aux installations militaires anglaises : coupures de voie ferrĂ©es, de ponts, attaques et destructions d’avions au sol

Pendant « la Nuit des Ponts Â», une action commune des 3 organisations fait sauter les ponts qui relient les Anglais aux pays voisins.
Les Anglais rĂ©agissent violemment et le jour du « Shabbat noir Â», le samedi 29 juin 1946, 2700 personnes sont arrĂȘtĂ©es dont les principaux dirigeants. De nombreuses armes sont confisquĂ©es. Cette opĂ©ration de commando a pour but d’affaiblir le leadership Juif, d’arrĂȘter les chefs de la Haganah et du Palmah et de stopper les actions militaires contre le Mandat Britannique. 17 000 soldats anglais envahissent les villes et les bĂątiments publics (dont l’Agence juive). Ils encerclent 30 villages (des kibboutzim, pour la plupart) et entreprennent des fouilles pour dĂ©couvrir des armes et des documents de nature Ă  accuser les responsables de la communautĂ© juive.
Le Etzel et le Lehi se sĂ©parent de la Haganah. Ils pensent qu’il faut organiser des coups de force, des opĂ©rations de reprĂ©sailles contre les Anglais pour les obliger Ă  partir de la rĂ©gion.
Moins d’un mois aprĂšs, le 22 juillet 46, les hommes du groupe Etzel font sauter l’hĂŽtel King David, le quartier gĂ©nĂ©ral du service Britannique. Ils tĂ©lĂ©phonent avant Ă  l’hĂŽtel pour prĂ©venir mais les Anglais ne croient pas Ă  la rĂ©alitĂ© de ces avertissements et l’hĂŽtel n’est pas Ă©vacuĂ©. 91 personnes vont y mourir.
L’annĂ©e 1946 marque l’apogĂ©e de la lutte contre les Anglais, ceux-ci emprisonnent les combattants et condamnent Ă  mort plusieurs des Juifs qui organisent des reprĂ©sailles. En mai 1947 l’Irgoun organise une Ă©vasion de ses membres incarcĂ©rĂ©s Ă  la prison de Akko.

La rĂ©solution de l’ONU

La détérioration croissante de la situation pousse les Anglais, usés par la guerre et par les violences, à se tourner vers les Nations-Unies créé 2 ans auparavant pour trouver une solution au conflit.

L’assemblĂ©e GĂ©nĂ©rale se rĂ©unit pour parler du problĂšme. David Ben Gourion demande au Rabbin Silver d’y prononcer un discours oĂč il parle de l’importance d’un État juif, de la promesse divine, de l’attente du Peuple Juif depuis 2000 ans pour son retour en IsraĂ«l, de l’espoir de voir naĂźtre une nouvelle nation ainsi que des 6 millions de victimes de la Shoah et des personnes dĂ©placĂ©es dans les camps en Europe et espĂ©rant aller en IsraĂ«l toujours fermĂ©e par les Anglais.

L’assemblĂ©e GĂ©nĂ©rale de l’ONU propose une partition de la rĂ©gion, oĂč vivent alors 1 million 300 000 Arabes et 600 000 Juifs (le mĂȘme nombre de personnes que celles sorties de l’esclavage en Egypte), en 2 Ă©tats indĂ©pendants, un Etat Juif (qui occupe 55% du territoire de la Palestine), un Etat arabe (qui occupe 44% du terrain) et une zone internationale (1%) comprenant JĂ©rusalem et les Lieux Saints.

Le vote se dĂ©roule par appel nominal et alphabĂ©tique de chaque dĂ©lĂ©gation qui doit Ă  l’appel de son nom rĂ©pondre par oui ou non.
Chaque rĂ©ponse tombe comme un coup de marteau dans un silence chargĂ© d’électricitĂ© : 33 « oui Â» dont la France l’URSS et les USA contre 13 « non Â» dont les 6 États arabes 10 abstentions dont la Grande-Bretagne l’Argentine l’Éthiopie.

Le vote a lieu le 29 novembre dans une atmosphĂšre extrĂȘmement tendue : le rĂšglement exige une majoritĂ© de deux tiers et le rĂ©sultat n’est pas assurĂ©.

Ont votĂ© pour : les États-Unis, l’Australie, la Belgique, la Bolivie, le BrĂ©sil, la BiĂ©lorussie, le Canada, le Costa-Rica, le Danemark, la RĂ©publique dominicaine, l’Équateur, la France, le Guatemala, HaĂŻti, l’Islande, le LibĂ©ria, le Luxembourg,  les Pays-Bas, la Nouvelle-ZĂ©lande, le Nicaragua, la NorvĂšge, Panama, le Paraguay,  le PĂ©rou, les Philippines, la Pologne, la SuĂšde, la TchĂ©coslovaquie, l’Ukraine, l’Union Sud-Africaine, l’U.R.S.S., l’Uruguay et le Venezuela.

Ont votĂ© contre : l’Afghanistan, l’Arabie saoudite, Cuba, l’Égypte, la GrĂšce, l’Inde, l’Iran, l’Irak, le Liban, le Pakistan, la Syrie, la Turquie, le YĂ©men.

Se sont abstenus : l’Argentine, le Chili, la Chine, la Colombie, le Salvador, l’Éthiopie, le Honduras, le Mexique, le Royaume-Uni, la Yougoslavie.

L’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des Nations unies adopte la rĂ©solution 181 qui prĂ©voit le partage de la Palestine en un État Juif et un État arabe.

Ce vote du partage dĂ©chaĂźne un enthousiasme dĂ©lirant dans les communautĂ©s juives Ă  travers le monde. Enfin un pays pour le peuple Juif aprĂšs 2000 ans d’espoir. Dans tout le pays on danse.

Le lendemain, la foule se retrouve devant l’Agence Juive. Sur le balcon apparaĂźt Golda Meir, l’émotion est Ă  son comble. Tremblante d’émotion elle rĂ©ussit Ă  dire Mazal Tov (FĂ©licitations) puis fond en larmes. Ben Gourion, le surlendemain, du mĂȘme balcon touche tendrement le drapeau qui flotte devant lui et dĂ©clare- « Nous sommes un Peuple libre Â».

Cependant, l’Etat Juif proposĂ© est trĂšs difficilement dĂ©fendable, 2 petites bandes de terre, la GalilĂ©e et la bande cĂŽtiĂšre trĂšs Ă©troites avec des passages de quelques kilomĂštres d’une bande Ă  l’autre et, en fait, le pays ne comprend pratiquement que le dĂ©sert du NĂ©guev. JĂ©rusalem ne fait pas partie de l’Etat Juif.

Les Arabes, qui militaient pour la constitution d’un État arabe sur toute la Palestine rejettent la rĂ©solution, n’acceptent pas le plan de partage et rĂȘvent de mettre les Juifs Ă  la mer. Plus de 350 000 Palestiniens prennent la route de l’exode.

Le lendemain du vote, la guerre civile Ă©clate entre les communautĂ©s juive et arabe palestiniennes tandis que les Britanniques, qui sont censĂ©s y maintenir l’ordre, organisent leur retrait et n’interviennent que ponctuellement.

On ne peut pas acheter des armes officiellement car les Anglais continuent d’interdire la possession d’arme, il faudra attendre la fin du mandat et le dĂ©part des Anglais pour que des tanks, des avions ou des canons de gros calibre puissent ĂȘtre dĂ©barquĂ©s en IsraĂ«l.

Golda Meir part aux États-Unis en janvier 48 pour essayer d’obtenir des fonds pour l’achat d’armement. Parlant de la situation trĂšs difficile des Juifs d’IsraĂ«l, elle rĂ©ussit Ă  faire ouvrir les portefeuilles et revient au pays avec de l’argent pour acheter les premiĂšres armes lourdes.

Les combats sur les routes

Des combats de guĂ©rilla se dĂ©roulent sur les routes. Les Arabes essaient d’isoler les petites implantations juives du reste du pays.

La route pour JĂ©rusalem est coupĂ©e dĂšs le 15 dĂ©cembre : les 100 000 Juifs de JĂ©rusalem sont assiĂ©gĂ©s. Quelques convois de vivres et mĂ©dicaments arrivent Ă  parvenir dans la ville mais les Arabes tiennent sous leur feu certains points de la route et surtout la montĂ©e de JĂ©rusalem Ă  partir de Chaar Agai oĂč la route est raide et escarpĂ©e.  La situation devient dĂ©sespĂ©rĂ©e.

La route pour Jérusalem est trÚs escarpée

Le 1er avril, les rĂ©serves d’eau sont Ă©puisĂ©es et la population manque de tout. Il faut agir et vite.

Les Juifs vont passer Ă  l’offensive et conquĂ©rir les villages arabes hostiles qui dominent la route.

Le 28 mai, aprĂšs la prise de contrĂŽle de Beit Sousin, les IsraĂ©liens contrĂŽlent un Ă©troit corridor entre la cĂŽte et JĂ©rusalem. Toutefois, ce couloir n’est parcouru par aucune route qui permettrait le passage de camions.

Une patrouille d’hommes du Palmah se dĂ©plaçant Ă  pied, dĂ©couvre une piste qui relie plusieurs villages abandonnĂ©s dans les collines au sud de la route contrĂŽlĂ©e par la LĂ©gion arabe. Dans la nuit du 29 au 30 mai, des jeeps envoyĂ©es dans les collines confirment qu’il y existe un chemin carrossable. On va donc y construire un chemin permettant le passage des camions.

On lui donne le nom de « route de Birmanie Â», en rĂ©fĂ©rence Ă  la route de ravitaillement entre la Birmanie et la Chine construite par les Britanniques durant la Seconde Guerre mondiale

Des convois de jeeps, de mules et de chameaux sont organisĂ©s depuis Houlda pour transporter des mortiers et des canons de 65 mm Ă  JĂ©rusalem.

Le livre Ă” JĂ©rusalem de Dominique Lapierre et Larry Collins nous raconte l’histoire de cette pĂ©riode, en particulier cette action hĂ©roĂŻque, quand, dans la nuit du 6 au 7 juin, devant la situation critique de JĂ©rusalem et pour redonner espoir Ă  la population, 300 habitants de Tel-Aviv sont rĂ©quisitionnĂ©s pour transporter Ă  dos d’hommes, sur les quelques kilomĂštres non encore carrossables, de quoi ravitailler les habitants de JĂ©rusalem pour un jour de plus.

La route de Birmanie

La premiĂšre phase des travaux est achevĂ©e au mois de juin et un convoi de 140 camions, transportant chacun 3 tonnes de marchandise ainsi que de nombreuses armes et munitions atteint JĂ©rusalem. Le siĂšge de la ville est dĂ©finitivement levĂ©.
Le Castel, la montagne qui a servi de lieu d’affrontement pendant la guerre d’IndĂ©pendance est aujourd’hui un parc national et tout autour se sont construits des quartiers modernes d’habitation: Le Castel, en face Mevasseret Yeruchalaim (l’annonciatrice de JĂ©rusalem) et Mevasseret Tsion (l’annonciatrice de Sion – un autre nom donnĂ© Ă  la ville de JĂ©rusalem).
Le long de l’autoroute aujourd’hui trĂšs Ă©largie entre Tel Aviv et JĂ©rusalem on peut voir les restes de camions calcinĂ©s qui nous rappellent les Ăąpres combats sur ces lieux.

Les manuscrits de la Mer Morte

La veille de la dĂ©claration de l’ONU, le 28 novembre 1947, l’ArchĂ©ologue Sukenik entre en possession de parchemins et manuscrits dĂ©couverts Ă  Kumran dans le dĂ©sert de JudĂ©e, au nord de la Mer Morte, une des dĂ©couvertes archĂ©ologiques les plus importantes des temps modernes.

Des fragments des livres bibliques et le livre d’IsaĂŻe retrouvĂ© en entier, en hĂ©breu, identique (Ă  part 3 diffĂ©rences minimes) Ă  celui de notre Bible actuelle. C’est le plus ancien manuscrit hĂ©breu complet connu d’un livre Biblique. Le texte est Ă©crit en 54 colonnes sur 17 feuilles de cuir cousues ensemble bout Ă  bout, d’une longueur totale d’environ 7,30 m. Il a Ă©tĂ© confectionnĂ© au IIe siĂšcle avant l’ùre chrĂ©tienne.

CachĂ© certainement par les combattants contre les Romains de la secte Yahad (signifiant ‘ensemble’ en hĂ©breu), les derniers Combattants Juifs libres avant la destruction du Temple Ă  JĂ©rusalem, la dispersion des Juifs en Diaspora et la fin de l’indĂ©pendance juive sur cette terre.

Se sentant en danger, ils cachent les manuscrits dans des jarres qui resteront ignorĂ©es pendant 2000 ans et c’est la veille de la DĂ©claration des Nations pour donner une nouvelle indĂ©pendance juive sur la rĂ©gion que ces documents reviennent dans des mains juives !! Le climat sec du dĂ©sert de JudĂ©e a permis de conserver ces manuscrits pendant 2000 ans.


Plus de 900 autres parchemins ont été retrouvés dans cette région sÚche.

En 1965 on construit au MusĂ©e d’IsraĂ«l Ă  JĂ©rusalem un « Temple du Livre Â» dans lequel sont exposĂ©s une partie de ces manuscrits.

Au Technion de HaĂŻfa, la Bible la plus petite du monde, la Nano Bible a Ă©tĂ© dĂ©veloppĂ©e. De la taille d’un grain de sucre elle tient sur une puce de 0.5 mm2. Elle est exposĂ©e depuis 2015 au musĂ©e d’IsraĂ«l Ă  JĂ©rusalem prĂšs du Temple du Livre.

La Nano Bible : Toute la Bible sur une puce de la grandeur d’un grain de sucre

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